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Kojak

Classement

Note : 6.3333 / 10

45 Sebastian Ingrosso
46 Stéphane Pompougnac
47 Kojak
48 Carl Craig
49 John Digweed

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Kojak

drapeau France - House

Kojak est une exception dans la scène house française.

A lui seul le groupe a su faire valser les préceptes établis suivant lesquels un combo de musique électronique devait forcément se résumer au spectacle d'ombres cachées derrière des murs de machines. Kojak fut le modèle d'une nouvelle donne : un groupe clairement dévoué aux vertus de la house music mais qui su déplacer son terrain d'action du studio vers la scène, du froid des machines à la sueur du concert. Non content d'avoir aboli les frontières entre les genres (house et hip-hop, pop et soul) sur « Crime In The City » premier album parut voilà quatre ans, le duo livre aujourd'hui son second album «Every Room In Every Floor », pièce maîtresse ambitieuse, éclectique, mature et décomplexée.

Mais un peu d'histoire.
1993, Grégoire Galian est ingénieur du son pour la salle de concerts jazz Le Passage du Nord Ouest. Depuis plusieurs années il s'investit dans la scène hardcore rock qui marquèrent les anales de l'underground straight et y côtoie des groupes tels Fugazi, Quicksand ou Prohibition. A cette époque Paris vivait l'explosion des raves et nul n'est plus censé l'ignorer. Pour Greg, le basculement vers la techno viendra d'une rave donnée dans un hangar anonyme de Villeneuve St Georges. Là, au milieu de 4000 personnes noyées dans le halo d'un laser, Grégoire découvre le son électronique le plus radical joué par un certain Jeff Mills. Ce sera sa première porte d'entrée, sa première claque en tout cas puis en quelques semaines ses prérogatives changent, les concerts rock sont délaissés au profit de la techno.
Grégoire vit l'explosion de la scène rave parisienne comme un flash, foudroyé par l'esthétique, le son techno et l'excitation des raves. Grégoire troque ampli Marshall et guitare contre la paire TB 303 et TR 909, déniche un Sampler Akai S1000 et une table de mixage 16 pistes. Là, enfermé dans une chambre de bonne de l'Ouest parisien, il s'essaye à l'expérience techno et fonde son propre label : Nekko Records sur lequel parait ses premières productions.
Grégoire : « Au-delà de la forme, ce qui marquait la différence entre la techno et le rock c'est que les musiciens choisissaient de rester en retrait et privilégiaient la musique. C'était très alternatif comme attitude, puis progressivement djs et musiciens ont dévoilé leur visage». Cette culture de l'indépendance techno ouvrait un champ de possible inespéré. Un petit label house français pouvait espérer vendre 4000 copies d'un disque sans forcer. Nekko Record sort ainsi deux maxi EP jusqu'à ce qu'arrive par courrier une cassette démo. L'auteur en est Cyril Vaschetto, Dj Vas à la scène. Il est dj hip-hop, a fait ses armes dans Mauvaise Graine un combo rap parisien. Vas n'a pas vécu l'explosion rave parisienne mais s'est nourrit à une autre source : la culture soul et hip-hop jusqu'à en être devenu un des plus fins connaisseurs, balayant en érudit un périmètre musical large : des maîtres hip-hop Dj Premier et Jeru The Damaja, à Groover Washington Jr et Gil Scott Heron, aux esthètes Common ou Dj Vadim.

Les deux hommes se rencontrent, se plaisent et conviennent de travailler autour du EP de Dj Vas. Sur un coup de tête ils partent avec machines, disques vinyles, chien et quelques vivres dans une maison, quelque part en Bretagne, le genre de masure dans laquelle seule l'électricité est encore en état. Ce qu'ils découvrent durant ce séjour breton, c'est leur complémentarité, que background rock et techno font bon ménage avec racines funk et soul. Le fruit de ce télescopage est une house dégrippée, généreuse, à l'énergie contagieuse, qui naturellement glisse vers des accents hip-hop. Kojak sera ce combo réduit à ses deux acteurs principaux, volontiers communicatif, généreux et n'hésitant pas à joindre hip-hop, house, dub et les lyrics soul de leur MC dans le même mouvement. Car Kojak, à peine baptisé, allez ouvrir son champ des possibles vers une autre vision de la house : la scène.
Gregoire « On a commencé à travailler en studio et à donner des live dans le même mouvement. En un mois de studio on avait écrit de quoi donner un live de trois quart d'heures lorsqu'on me proposa une date dans un club en Bretagne. Cyril décide de me suivre dans l'aventure et trois jours avant notre premier concert commun nous rencontrons Jayhem, qui depuis est resté notre MC ».
Jayhem est chanteur de soul. Avec lui Kojak développera sur scène une dynamique et une spontanéité qui sera sa force.
Kojak publie son premier EP « Funky House For Your Kunkt Head » sur Nekko, coup d'essai qui s'envole à 4000 exemplaires en quelques semaines. Dans la foulée Kojak achève l'enregistrement de son premier album « Crime in The City », signe avec le label Pro-Zak Trax et le bruit court que la house française tient là son premier combo house de scène. Le coup de projecteur décisif viendra de la première techno Parade, en septembre 98 lors d'un concert donné Place de la Nation devant 200 000 personnes. Une des ces expériences de musicien qu'on oublie pas. Kojak décide alors d'aller défendre l'album « Crime In The City » sur la route, en clubs et festivals, d'y rencontrer et conquérir le public.

Une longue tournée européenne de deux années et plus de 200 dates, s'en suit. Ils sillonnent Angleterre, Italie, Allemagne, Scandinavie, Espagne puis visitent l'Afrique du Sud, Taïwan et Honk Kong. Entre temps « Crime In The City » s'est écoulé à 50 000 exemplaires ! Ce furent deux années passées sur la route, sans que Greg et Vas trouvent forcément le temps d'écrire de nouvelles compositions. Ils retournent en studio et afin de clore le premier chapitre de leur histoire, le « Kojak Soundystem », une double compilation mixée où Hip-Hop et house se télescopent gaiement. Le reflet fidèle de l'énergie du groupe.
Quatre années se sont écoulées depuis « Crime In The City », étayées par de nouvelles rencontres et quelques découvertes musicales : Gregoire s'intéresse au reggae jamaïcain, à la scène breakbeat anglaise, Dj Vas se plonge dans l'électronique new-yorkais. La musique et les désirs de Kojak ont évolué. Le groupe veut prendre le temps d'écrire des titres qui dépasseront le seul périmètre house. Ils s'aventurent dans des territoires downtempo, s'essayent à une pop électronique plus délicate, invitent musiciens et chanteurs à leurs côtés avec un goût marqué pour les voix féminines. C'est ainsi que le groupe anglais Olive est invité (on se souvient de leur hit « You're not Alone » et de la charismatique chanteuse Ruth Anne Boyle) sur « Tell Me » et « You Can't Live Without Me », que Jemeni, poétesse canadienne pose sa voix sur « Art To Breathe » ou que l'Anglaise Lucy Dixon, danseuse professionnelle dans la troupe Stomp, chante sur « Natural » et « Last Night ». Jayhem, fidèle parmi les fidèles, signe « Brother », titre soul sur lequel le MC de Kojak dévoile une gamme d'émotion qu'on ne lui connaissait pas. Des musiciens chers au groupe viennent prêter main forte à la construction de ce second album. Le bassiste et producteur Mikelange, Michael Garçon, le clavier du groupe AS Dragon ou le guitariste Gilles Lavanant, collaborateur de Next Evidence.
Plus un coup de cœur : un trio jazz composé de Andy Emler (Clavier), Francis Lassus (drums) et Linley Marthe (basse), célèbre pour avoir accompagné les ténors Joe Zawinul, Michel Portal ou le percussionniste indien Trilok Gurtu. Deux années furent nécessaire pour l'écriture, l'enregistrement et la production de ce second opus intitulée « Every Room on Every Floor », signifiant avec malice que Kojak s'est étoffé, que si le groupe à su conserver sa puissance et son énergie, il à aussi développé un nouveau panel de couleurs et d'émotions.

Le groupe s'est refusé à faire de la scène pendant la maturation de « Every Room on Every Floor » préférant explorer ses nouvelles orientations musicales en studios. Mais comme il est difficile pour un musicien de rompre le contact avec le public, Kojak a développé une autre facette de son savoir-faire : celle du Dj. Du Rex club au Queen, le Kojak Soundsystem fut ainsi l'un des rendez vous incontournables du clubbing parisien de ces deux dernières années, le groupe y dévoilant ses goûts éclectiques, jouant house, techno, funk, drum'n'bass, hip-hop, ragga ou broken beat dans la même nuit et élargissant encore un peu plus son audience.Les bruits courent depuis plusieurs semaines que Kojak serait de retour avec un nouvel album et dans la foulée une tournée européenne qu'ils préparent dans le plus grand secret. L'accueil vibrant fait au single « Art To Breathe », premier maxi sorti en vinyle à ce jour, laisse présager l'ouverture d'un nouveau chapitre lumineux dans l'histoire du groupe.




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