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DJ Hell
40 ans, un nouvel et troisième album solo, un label d'envergure mondial, des centaines de bookings en tant que Dj tout autour de la planète, une licence d'entraîneur de foot, quatre récompenses du monde de la musique, une Ford Mustang, un night club... Peut-on mesurer le succès ? Certainement. Mais il est plus difficile mesurer Dj Hell. Malgré ces chiffres impressionnants, l'explication du phénomène Dj Hell ne se quantifie pas. Quel enfer.
Dj et patron de label, il est aujourd'hui présent comme jamais. Tranchant, bousculant la hype et les tendances, Hell est une star parmi les Djs, mais aussi un ardent supporter du FC Bayern et toujours l'enfant chéri de sa mummy, qui fait si bien le rôti de porc. Un personnage énigmatique donc, capable de collaborer avec Donatella Versace ou de mixer à Miami dans un strip bar. C'est à lui que l'on doit, sous entité electroclash, l'assaut du revival 80's, de New York à Tokyo. Dj Hell fait tout ça, et en une seule vie.
Son histoire peut fournir quelques pistes, même si bigarrée. Elle débute en 1962 dans le village d'Altenmarkt en Haute Bavière, village où Hell commence sa conquête du monde, sans compromis. Tout commence autour des platines du Libella Club, une discothèque perdue dans la campagne d'où Hell – surdoué - ne tarde pas à rejoindre Munich. Depuis le club EBM, il crée et affûte son propre style. La rumeur d'une révélation se propage de club en club jusqu'à gagner la planète électronique toute entière.
Ses premiers disques sortent rapidement : le single « My Definition of House Music » - définition toujours d'actualité - sera suivi du premier album, « Geteert und Gefedert » (« Goudronné et Plumé », véritable profession de foi stylisée). Ses productions prennent ensuite un tour plus sérieux, dur & minimal, mais le surplace n'étant ni la canne, ni la came de Dj Hell, ce dernier rebondit déjà, pour sans cesse se réinventer. C'est ainsi qu'il fonde son propre label International Deejay Gigolos d'où émane un nouveau son tout aussi avant-garde que populaire, dansant que décadent. Miss Kittin & The Hacker, Fischerspooner, Zombie Nation, Psychonauts ou encore Terranova, tous désormais cultes sur la planète électronique, en sont les fers de lance.
Hell trouve aussi le temps de se consacrer à sa propre carrière d'artiste avec la sortie de son album « Munich Machine », manifeste et déclaration à la ville de ses débuts. Ce second album sera celui du tube dancefloor « Copa », un cover de Barry Manilow.
Retour à ses racines en 2000 : au milieu de la campagne bavaroise, Hell ouvre son propre club, « La Villa ». Un endroit où le public n'est pas seulement celui des clubs techno, où les freaks et les parvenus sont aussi bienvenus et où l'originalité et la fête sont avant tout un état d'esprit. L'attitude, encore et toujours.
2003 sera l'année sera de Dj Hell producteur. Pour son nouvel album « NY Muscle », Hell se réinvente une fois encore, sombre toujours mais aussi décalé, différent et drôle, avec de sérieux penchants rock, électro et acid house. Il part à New York, s'entoure d'Hugh Hefner -le fondateur de Playboy - et P Diddy, nouveau bad boy de l'électro dont Hell produit actuellement les premiers pas dancefloor. En hommage aux années punk new-yorkaise, Alan Vega, du groupe Suicide, électrise de son chant enragé les morceaux « Listen to the Hiss » et « Meet The Heat ». Autre collaboration remarquée, Erlend Oye (chanteur des Kings Of Convinience et acteur solo de comptines électro pop), qui prête sa voix au premier single, « Keep On Waiting ». La diva house allemande Billy Ray Martin, connue pour ses collaborations avec Junior Vasquez ou Deep Dish et son groupe house pop Electribe 101, illumine d'une voix plaintive « She regrets ».
Le style est fondamental pour Dj Hell, qui a réussi, durant ses 25 années passées derrière les platines, à porter l'attention autant sur ses disques que sur lui (à la fois celle du public et celle des médias). Hell a traversé le punk des 70's, la new wave des 80's, la techno des 90's. Il a gardé du rock le look, l'individualisme, la philosophie, l'élitisme et surtout un sens inné et ciselé de la compo trash. Il a su transfigurer et télé porter ces influences dans le monde du deejaying et du clubbing. Hell et ses costumes noirs, chemises sur mesure, tee shirts punk et coiffures stylées, détonnent au cœur de la folie « Smiley » de la génération post-rave. Ses disques indus viennent enfoncer le clou. Il ne s'agit pas pour lui seulement de courir les boutiques de luxe mais surtout d'affirmer son individualité. Celle qu'exprime aujourd'hui ses sets pour les défilés Versace, ses collaborations avec Dirk Schönberger ou Raf Simons, sa Ford Mustang 1969 ou son apparition dans le film « 196 BPM » du réalisateur allemand Romuald Karmakar. Hell n'a pas besoin de s'expliquer, son style personnel et son approche entière, sans concessions, l'ont amené à être ce qu'il est aujourd'hui : un phénomène.
DJ Hell @ Josephine (Belo Horizonte)
DJ Hell @ Washroom Dresden 2006 Part2
dj Hell nature one 2006
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